
Il y a un an jour pour jour, nous subissions dans la souffrance, notre entretien avec MDM. Nous nous étions présenté à ce rendez-vous, le coeur plein de joie et d'espoir...
Lors de cet entretien, je m'en souviens comme si c'était hier, j'ai failli à plusieurs reprises éclater en sanglots, me lever et partir en claquant la porte... Je me demandais ce que je faisais là et pourquoi cette personne avait tant l'air de vouloir nous casser, nous brimer, nous faire comprendre que nous n'étions pas le couple idéal à l'adoption... Nous avons encaissé douloureusement certaines choses qui nous étaient "reprochées", comme nos revenus en-dessous de la moyenne "requise" pour pouvoir adopter, ou encore comme le fait que les parents de Philou soient âgés et de mon côté je n'ai plus que ma Maman qui habite très loin...
Nous étions ressortis de cet entretiens vidés, lessivés, mais surtout avec la très forte impression d'être un couple minable, d'être des moins que rien. Je vous jure que la question financière m'a vraiment beaucoup atteinte. J'en avais d'ailleurs déduit que le cliché du "seuls les riches peuvent adopter" n'était pas un mythe mais bien une réalité...
Cette épreuve nous avait donc fait nous remettre fortement en question sur notre capacité à adopter ou plutôt, sur le bien-fondé de notre démarche puisque rien ne semblait coller dans notre projet... Cette épreuve nous avait fait nous poser le soir-même avec cette question : abandonne-t-on ? Sur le coup, ma réponse était OUI, je refuse de continuer ainsi à subir, à attendre, à encaisser. J'en avais déjà trop encaissé avec la PMA, l'IMG, l'agrément. A l'instant présent, je voulais tout foutre en l'air et décider de VIVRE enfin, de vivre ma vie de couple, ma vie de femme sans avoir à s'angoisser pour la suite : encore des entretiens, toujours et encore, puis l'attente... Nous décidions donc de nous accorder une semaine de réflexion. Nous avions poser tous les points positifs et négatifs pour finalement prendre cette décision finale de tout arrêter et de penser égoïstement un peu à nous.
J'ai coutume de faire, chaque début d'année, un petit bilan de l'année écoulée. J'ai constaté que depuis un paquet d'année, le bilan est toujours déprimant, négatif, malheureux.
Aujourd'hui, je me retourne sur 2009, et je m'aperçois avec joie que cette année fut la plus belle et la plus réussie depuis longtemps ! Nous ne regrettons absolument pas la décision que nous avons prise il y a un an : depuis, nous respirons, nous vivons, nous soufflons, nous profitons, nous vivons tout simplement sans avoir à attendre quelque chose.
Depuis que nous avons pris cette décision, je suis sereine, bien dans ma peau, heureuse, pleine de joie de vivre. Je profite de chaque instant, je ne m'angoisse plus à me dire qu'il faut absolument mettre des sous de côté pour l'adoption, non, au contraire, j'en profite. Je me suis toujours serrée la ceinture pour tout, désormais je me fais plaisir, et ça me fait du bien. Notre couple est également bien plus serein, nous nous apercevons que nous sommes très bien tous les deux, que nous n'avons jamais été aussi bien, que nous pouvons parfaitement vivre sans enfant, et surtout, qu'il n'y a plus ce manque qui nous habitait auparavant. Nous n'imaginions pourtant pas une vie sans enfant... Aujourd'hui, nous ne nous imaginons pas autrement que tous les deux...
Cette année 2009 nous a enfin vu devenir propriétaires de notre petit cocon à la campagne : une vie qui nous apporte beaucoup de plaisirs et de joies... Nous avons fait tous nos travaux seuls et ce fut une satisfaction énorme. Nous savourons chaque journée dans notre petit coin de campagne.
Cette année, nous avons également fêté le premier anniversaire de notre petit filleul Maël, et avons aussi accueillir sa petite soeur Sarah qui est également notre filleule... et je dois dire que leur présence comble simplement tous nos désirs d'enfant !
Nous avons vécu beaucoup de bons moments de partage : les 50 ans de ma soeur, le mariage de Jean-Marc et Carole les parents de Maël et Sarah, nous avons également eu la surprise de nous faire inviter par des amis de ma Maman pour une semaine à Tenerife en mars prochain.
Cette année, j'ai eu la chance de voir se renouveler l'équipe dans laquelle je travaille : après des mois de mal-être avec des collègues-boulets, de nouveaux collègues sont arrivés, des collègues parfaits, grace à qui nous avons maintenant une superbe ambiance de travail.
Cette année encore, j'ai vu disparaître ma douleur récurrente que je traînais depuis 3 ans : ce que j'appelais une sciatique mais qui n'en était pas une, et qu'aucun médecin ou spécialiste n'arrivait à comprendre de quoi elle venait, et ce que c'était : cette douleur qui me faisait tant souffrir a disparu du jour au lendemaint, pfiout, comme ça ! Sont-ce les bienfaits combinés de l'abandon de notre projet et l'emménagement dans notre chez-nous ? Je suis persuadée que mon état de bien-être et le fait de me sentir libérée y sont pour quelque chose.
Voilà, j'ai été malheureuse pendant des années, j'ai traîné ma peine et ma souffrance, j'ai vécu beaucoup de choses difficiles, j'ai souvent touché le fond, j'ai même quelque fois douté de l'utilité de continuer à vivre.
Aujourd'hui, pour la première fois depuis longtemps, je fait un bilan plus que positif, je suis heureuse, j'ai des tas de projets, je suis bien dans ma vie et dans mon couple, et ce, sans enfant.
Et le plus important : nous sommes tous les deux sur la même longueur d'onde. Nous ne regrettons rien, nous sommes juste bien !
Du coup, j'ai fêté hier, très sereinement, mes 41 ans !!!