vendredi 17 avril 2009

Tati, nom d'une pipe !

Bien que non fumeuse, j'ai été très choquée par cette affaire d'affiche sur l'exposition de Jacques Tati. Pour moi, cette pipe fait partie de son personnage, et je trouve honteux et méprisant de la remplacer par un ridicule un moulin à vent au nom d'un principe de précaution devenant de plus en plus rigide et dirigeant de plus en plus nos vies. Malraux et Sartre, sans parler de Lucky Luke en avaient déjà fait les frais en leurs temps… Peut-on par ailleurs imaginer un Gainsbourg sans sa gitane ou un Brassens sans sa pipe ? Agir ainsi est pour moi une certaine forme de censure, d'atteinte à la liberté culturelle et artistique et renforce mon opinion du "arrêtons de vouloir à tout prix influencer la vie des gens". Je suis d'accord qu'il est nécessaire de prévenir le tabagisme, d'éviter aux jeunes de tomber dans cette spirale, mais on appuie encore sur un fait bien de notre époque : tout masquer, tout cacher… et je dirais même tout "mâcher" pour une génération qui n'est plus capable d'assumer, de prendre des décisions, d'avoir des raisonnements sains et intelligents, il faut les préserver à tout prix… Je le constate chaque jour dans mon travail : une partie des jeunes ne savent plus rien faire ni décider seuls, il leur faut sans arrêt être assistés, dirigés, et ce n'est pas en réagissant ainsi qu'on leur facilitera la vie… Enfin, c'est mon opinion et tout le monde n'y adhère pas j'en suis consciente. Mais quand je vois qu'il faut supprimer une pipe ou une cigarette d'une photo, pour ne pas que les jeunes fassent "comme leur idole", ça me dépasse…

Voici le très bon article du Monde, paru le 13 avril :

Tous aux abris : le principe de précaution a encore frappé ! On n’en finit pas de dénombrer ses ravages. Cette fois encore, le tabac. Du moins le croit-on, parole de non-fumeur. Les tenants de la nouvelle tyrannie viennent de couper la chique à Jacques Tati. Ils lui ont retiré sa pipe, laquelle était vissée entre ses dents depuis sa naissance ou presque. Imagine-t-on Georges Simenon sans sa pipe ou Humphrey Bogart sans sa clope ? Impensable tant l’appendice à volutes fait partie de leur personnage. C’est ce crime contre l’esprit dont vient d’être victime l’immortel auteur de Playtime. Un méchant gag dont il serait le premier à rire même si, dans sa satire de notre vie moderne dans ce qu’elle a de plus absurde, il n’aurait jamais imaginé qu’on en arriverait là.

Reprenons le dossier de l’affaire. Depuis des mois, la Cinémathèque française préparait
une grande exposition « Jacques Tati, deux temps trois mouvements » qui vient d’ouvrir ses portes (jusqu’au au 2 août). Une étonnante reconstitution de son univers à travers une réunion d’objets, d’images, de signes, de dessins, de journaux à ne pas rater. Sur les affiches promotionnelles comme sur la couverture du livre-catalogue (45 euros, 304 pages, naïve), un même pictogramme extrait de Mon Oncle : le bonhomme Tati fier et droit sur son Solex revêtu de son uniforme hulotissime : pantalon et imperméable trop courts, le chef coiffé d’un galurin et la bouche prolongée de sa pipe. Or les services juridiques de la Ratp et la Sncf ont cru bon de retoquer l’affiche au motif qu’elle risquerait de contrevenir aux dispositions de la loi Evin sur l’incitation au tabagisme (« …propagande ou publicité, directe ou indirecte, sont interdites… »). Fumant, non ?

Il n’y a pourtant pas de jurisprudence en la matière puisque les choses n’ont jamais été aussi loin. Juste un excès de prudence qui a scandalisé toutes les parties concernées. En vain. Costa-Gavras, le président de la Cinémathèque, monté au créneau pour empêcher qu’il ne fasse tache d’huile, a d’emblée prévenu qu’il n’était pas question que les mêmes affiches, hors des couloirs du métro et des bus, soient concernées par la mesure, sans même parler de la couverture du catalogue ou des publicités dans les journaux. « C’est d’autant plus bête que dans ses films, la pipe de Tati n’était jamais allumée ! renchérit Macha Makeïeff, son ayant-droit moral et commissaire de cette exposition. Une censure absurde et stalinienne car c’est chez lui, de son temps qu’on trafiquait ainsi les photos. Ce qui aboutit à un mensonge. Résignée, je leur avais proposé de remplacer l’objet maudit par une croix rouge mais on devinait encore trop la pipe. Alors j’ai proposé de la remplacer par un calligramme, une pipe faite de lettres, sur lequel on pouvait lire : « Ceci est une pipe ». Refusé. Je lui ai donc mis un petit moulin à vent entre les lèvres. Juste pour prendre le métro et le bus ! ». Rassurez-vous : elle figure bien en couverture sur le le catalogue, de même que sur celle du Tati (268 pages, 40 euros, Ramsay) de Marc Dondey et dans les pages des Vacances de M. Hulot (128 pages, Editions Yellow Now) où Jacques Kermabon analyse le film image par image.

Il y a quatre ans, la Bibliothèque nationale de France avait déjà cru bon gommer la cigarette que Jean-Paul Sartre tenait entre les doigts sur les affiches et la couverture du catalogue de son exposition ; et en 1996 déjà, Malraux essuyait les plâtres de cette fâcheuse tendance, la Poste lui ayant supprimé la cigarette sur le timbre reproduisant son fameux portrait cheveux au vent par Gisèle Freund. Les frileux de la Sncf et de la Ratp peuvent encore agir ce qui se passe chez eux, cela n’empêchera pas l’exposition Tati de présenter une gigantesque pipe de cinq mètres vissée sur un socle sur lequel on peut lire « Libertaire ». Un objet prévu et conçu bien avant, naturellement. Comme si de là-haut, M. Hulot sentant le vent venir, avait adressé un pied-de-nez bien dans sa manière aux nouveaux censeurs de l’ordre moral. Les pires : ceux qui réagissent dans la peur et par anticipation.
Nous ne serons jamais assez reconnaissant à M. Hulot de nous avoir appris à vivre en faisant un pas de côté de manière à envisager la société avec ce léger décalage qui la rend tellement plus vivable.
Les films de Jacques Tati nous renvoient le reflet d’une certaine France qui n’existe plus, toute de poésie, de légèreté et d’insouciance ; cette “affaire Tati” nous renvoie, elle, l’image d’une autre France, crispée, étriquée, réglementaire, qui existe trop.


jeudi 16 avril 2009

Mes premières nuits auprès d'un cosmonaute !

La machine qui doit métamorphoser nos nuits a fait son entrée dans notre foyer depuis une semaine...

On nous a donc parlé d'une machine qui permettrait à Chéri de respirer pleinement et dormir normalement tout au long de ses nuits, et par la même occasion de me délecter enfin de nuits calmes, silencieuses et sans stress...

1ère nuit : il faut apprivoiser la machine, c'est tout un bin's à installer ce truc... Enfin "l'unité centrale", no soucy, il suffit de la poser près du lit, c'est moins encombrant que je l'imaginais... Concernant le masque, c'est plus compliqué : il faut faire les réglages, mais mon Philou est manuel et futé, il y arrive comme un pro ! Bien... le masque est installé, le tuyau raccordé, reste plus qu'à allumer la machine pour la nuit et hop ! Au départ tout va bien... Quoi que, c'est tout de même impressionnant de voir mon Chéri à mes côtés, le visage sanglé dans ce masque respiratoire en plastique, avec le tuyau qui passe par derrière l'oreiller... Mais bon, je vais m'y faire hein ? Et puis c'est pour son bien.... J'imaginais bien qu'un tel appareil ferait tout de même du bruit, je ne sais pas moi, un bruit de moteur, un ronronnement.... Au début, ça va, cela fait le bruit d'une respiration un peu forte : normal, de l'air est insufflé dans le masque pour permettre à Chéri d'être en permanence alimenté en air, puis, cet air est expulsé par une espèce de "vanne" située sur le front (du masque hein, pas de mon Chéri !)... Ok, là encore, tout va bien, je me dis qu'il vaut mieux entendre ce bruit artificiel de respiration et savoir que Chéri ne risque plus rien, plutôt que de devoir supporter toute la nuit ses horribles ronflements et ses arrêts respiratoires.... MAIS..... horreur.... ce que je n'imaginais pas, c'est que la magique machine délivre de l'air en fonction des besoins du "patient", elle mesure, calcule, analyse, et si elle sent un déficit, elle envoie plus de pression, il y a donc plus d'air à entrer dans le masque et logiquement donc, plus d'air à être expulsé, et ça, ça fait un boucan d'enfer, ça n'est plus un bruit de respiration mais une espèce de grosse ventilation incessante !

Bilan : une première nuit… blanche pour moi….. Difficile pour chéri qui a du mal à s'adapter à l'appareil mais a tout de même trouvé le sommeil. Au petit matin, n'en pouvant plus, je me suis assise au bord du lit, hésitant entre l'envie de mettre des boules quiès pour essayer de dormir un peu ou me lever carrément ! Je me suis finalement levée, je suis descendue, crevée, à bout de nerfs (car il ne faut pas oublier que cela faisait déjà un paquet de nuits que je ne dormais quasiment pas tant j'avais peur qu'il meurt dans son sommeil). Il faut savoir que je ne me lève jamais avant Chéri qui est un lève-très-tôt. Il s'est donc aperçu que je n'étais plus à ses côtés, est descendu, et m'a trouvé en larmes, à bout de forces… Je m'en voulais de réagir ainsi, car moi au moins, je n'avais pas à supporter de devoir dormir avec une machine aussi encombrante et désagréable… Je ne voulais pas qu'il s'en veuille ou qu'il culpabilise de troubler mon sommeil (et je ne peux pas envisager une seule seconde de faire chambre à part, c'est absolument impossible). Alors je me suis reprise et l'ai rassuré : nous allions nous y habituer à cette machine…. C'est juste une question d'habitude, on va s'y faire, et dans quelques temps, ça fera comme les cloches de l'église en face chez nous, on ne les entend plus tant on y est habitués ! Eh bien ça sera pareil avec la machine !

2ème nuit : une fabuleuse nuit de bébé ! Nous avons bien dormi tous les deux, je n'ai pas "souffert" du bruit épouvantable de la machine… En même temps, il faut dire que nous avions passé toute la journée à randonner au grand air de la montagne, nous étions donc complètement cassés et abrutis par une bonne et saine fatigue. Ceci explique donc cela ….

3ème, 4ème et 5ème nuits : de nouveau beaucoup de mal à trouver le sommeil pour moi. J'ai même du me résoudre à mettre les boules quiès. Le problème, c'est que je ne supporte pas de dormir avec ces trucs dans les oreilles, j'ai l'impression que ça résonne dans mes tempes, j'entends le bruit de ma respiration intérieure, c'est très bizarre, et puis comme je suis une grande peureuse, je n'aime pas être ainsi coupée du monde, il faut absolument que je sache s'il se passe quelque chose de bizarre, je dois absolument savoir s'il y a du grabuge dans la rue ou s'il y a des voleurs qui rentrent, ou si le téléphone sonne parce qu'il est arrivé quelque chose à Maman (je sais, je suis une angoissée de première !). Ma nuit a donc été ponctuée de "mettage" et "d'enlevage" des fameuses boules ! J'avais également constaté que la machine faisait un boucan d'enfer quand Chéri avait des difficultés respiratoires, puisque c'est donc à ce moment-là qu'elle mettait le turbo. Il m'avait donc proposé de le réveiller quand ça arrivait, pour qu'il éteigne la machine et la rallume. En effet, la machine une fois ré-initialisée se remettait à envoyer l'air en cadence normale et donc avec un bruit minimum…. Mais ça n'est pas évident de devoir réveiller son Chéri dix fois par nuit pour ça… Le pauvre ! A d'autres moments, il ôtait même son masque et éteignait la machine pour me permettre de dormir, mais il sentait qu'il manquait d'air, alors ça n'allait pas, et du coup, je m'en voulais… Autre gros inconvénient, pour Chéri : le masque lui appuyait trop fort sur le haut du nez, créant au fur et à mesure une grosse marque rouge. On aurait dit qu'il s'était pris un pain sur la figure le pauvre !

Bref, après la 5ème nuit, on s'est dit que ça n'était plus possible, qu'il fallait trouver une solution ! Le technicien de la machine devant revenir à la maison jeudi (donc aujourd'hui) pour faire un bilan et d'éventuels ajustements, au bout de la première semaine d'utilisation, nous lui expliquerions tout cela, quitte à demander s'il n'existe pas un autre modèle…

MAIS…

6ème et 7ème nuits : ô miracle ! Chéri a démonté et remonté le masque, et apparemment il y avait un petit truc mal mis qui devait probablement dérégler l'arrivée et l'expulsion de l'air ! Ajoutez à cela que nous devons finalement commencer à nous habituer à tout ce tintouin : nous avons tous les deux passé une très bonne nuit, et j'ai même fait, pour la première fois depuis bien longtemps cette nuit, une nuit complète de l'endormissement au radio-réveil !

Nous allons quand même parler de tous les désagréments que nous avons eu au départ, avec le technicien qui vient cet après-midi, mais si les prochaines nuits se passent comme ces deux dernières, ça devrait aller. J'ai trouvé que la machine faisait également beaucoup moins de bruit, peut-être est-ce dû au fait que grâce à l'approvisionnement régulier en air, Chéri retrouve une respiration douce et normale, et sans doute aussi grâce au petit bitonio remis correctement sur le masque...

En tout cas, tout cela a été bien laborieux ! Chéri n'a pas voulu que je le photographie avec l'appareil (il ne veut pas se sentir ridicule et je le comprends), voici donc à quoi cela ressemble :

dimanche 12 avril 2009

Quand j'étais petite....

Quand j'étais petite :

- J'apprenais la grammaire, l'orthographe et la conjugaison dans des bouquins qui s'appelaient "BLED" et "BESCHERELLE",

- Je faisais du calcul mental en classe… avec le Maître en blouse grise qui disait "15 x 8 ?", tapait avec sa règle sur la table puis au bout de 10 secondes, retapait avec sa règle sur sa table… Nous devions alors tous lever nos ardoises (de vraies ardoises avec le cadre en bois), sur lesquelles on avait écrit à la craie le résultat,

- J'adorais lire les Contes du Chat Perché de Marcel Aymé, et Delphine et Marinette étaient mes idoles,

- Ma Maman m'habillait avec un kilt, des chaussettes hautes blanches et des chaussures vernies noires, ou avec un pantalon de velours petites côtes marron, un sous-pul en acrylique orange qui faisait de l'électricité quand je l'enlevais et un débardeur jacquard en laine marron tricoté par Maman… Pantalon "patte d'eph" bien sûr…,

- A la récréation, à l'école, je jouais à la marelle, à l'élastique (avec des figures très très compliquées, et même chez moi, je continuais toute seule à jouer à l'élastique, en mettant l'élastique entre deux chaises de la cuisine), à la corde à sauter et même aux billes,

- Je regardais "Les visiteurs du mercredi", "Récré A2", "Croque Vacances", "Les visiteurs de Noël", "Goldorak" (j'étais amoureuse d'Actarus), "Candy", "Les sentinelles de l'air", "Scoobydoo", "L'île aux enfants", "Les quatz'amis", "Les jeux de 20 heures", "Waldo Kitty", "Chapi Chapo", "Albator" (lui aussi j'en étais amoureuse), "L'académie des 9"…,

- Je devais porter une "blouse" à l'école,

- J'avais un plumier pour y ranger mes stylos,

- Les photocopies n'existaient pas et "le Maître" reprographiait les documents avec un "stencil" qui sentait bon l'encre fraîche,

- J'avais fait un caprice pour avoir un "Kiki",

- J'avais aussi fait un caprice pour avoir un "Tapitouff" et un ballon sauteur que je n'ai jamais eus… (visiblement, cela ne m'a pas traumatisée !),

- Je jouais au "Puissance 4", au "Docteur Maboul", aux "Hyppo gloutons", au "Télécran", au "Tricotin"....,

- J'étais malheureuse parce que je n'avais pas de Playmobil ni de "vraie" poupée Barbie (juste une vulgaire poupée mannequin en plastique dur, dont ne pouvait pas plier les jambes et les bras),

- J'avais des patins à roulettes 4 roues (pas en ligne), en métal, réglables selon la pointure, un jokari en bois, une espèce de "visionneuse à diapositives" (un truc qui ressemblait à des jumelles et dans lequel il fallait mettre des fiches genre diapositives…),

- Mes parents avaient de vieux meubles rustiques, un canevas représentant des biches et cerfs sur fond de neige, accroché au mur au-dessus du buffet et des bibelots en étain sur le bord de la cheminée…. Les parents de ma meilleure amie avaient du mobilier typiquement design des années 70 (grand canapé cuir, meubles en plastique orange, gros pouf "poire" et tapis épais….)… Je l'enviais et j'avais presque honte des goûts ringards de mes parents !,

- La télévision était encore en noir et blanc, et pour changer de chaîne, on était bien obligé de se lever… pas de télécommande !,

- J'écoutais les 45 tours de ma grande sœur dans un mange-disque (Sheila, Claude François, Stone et Charden, Pierre Groscolas, The Rubettes, Danyel Gérard,…),

- Le dimanche, à 20 heures, je regardais "Benny Hill", et cela me rendait triste car ça voulait dire qu'aussitôt le générique de fin, il me faudrait regagner ma chambre, préparer mon cartable pour une nouvelle semaine d'école, et me coucher…,

- J'avais le droit de regarder la télé le mardi soir. Souvent, il y avait "Les dossiers de l'écran" ou bien "La dernière séance",

- Je regardais à la télé, "La séquence du spectateur", "Les animaux du monde", "Midi Première", "Les petits papiers de Noël"…,

- Je collectionnais les albums "Panini"… Pour 20 centimes de francs, je pouvais acheter chez le buraliste, de petites pochettes contenant 5 images autocollantes pour mes albums. J'avais souvent des doubles, alors je les échangeais avec mes copines à la récré. Les garçons collectionnaient les albums de foot et les filles les albums de Sarah Kay ou de Candy,

- Je collectionnais également les images Poulain. Il n'y avait pas, comme aujourd'hui, pléthore de marques de chocolat : juste du chocolat Poulain et c'est avec fébrilité que je déchirais l'emballage pour découvrir l'image qui s'y trouvait. Je mangeais aussi du Galak, et dans les tablettes de Galak, il y avait des autocollants de Oum le dauphin. Je les collais sur le frigidaire ou sur les portes en formica rouge du buffet de la cuisine.,

- Le mercredi après-midi, mes copines venaient à la maison, ou j'aillais chez elles… C'était chacune son tour… On pouvait jouer pendant des heures au Club des Cinq ou aux Drôles de Dames… On n'avait pas besoin de jeux élaborés car nous avions énormément d'imagination !,

- L'été, on ne partait pas en vacances. Il y avait un petit bois avec une rivière, juste derrière chez nous. Avec tous les petits voisins, on s'y retrouvait pour passer des après-midi entières d'aventuriers : on fabriquait des cabanes en bois, on jouait dans les ruisseaux, on se gavait de pommes sauvages, on observait les fourmis, on ramassait les sauterelles, on courait après les grenouilles…. Et on rentrait le soir bronzés, sales, épuisés, mais heureux,

- C'était également la saison des récoles du jardin. Mes parents n'achetaient jamais les légumes, nous mangions nos propres cultures, les légumes que Papa faisait pousser dans son immense potager. Toute la famille se réunissait autour de la table de la cuisine pour écosser les petits pois afin que Maman fasse des conserves. On chantait, on riait, on se racontait des histoires…,

- Il y avait une marchande de lait qui passait une fois par semaine. Maman achetait le lait cru qui était vendu dans des sachets en plastique ! Elle faisait bouillir tous ces litres de lait, et faisait des yaourts dans sa vieille yaourtière aux petits pots en plastique bleu,

- Je me contentais de peu de choses et était la plus heureuse des petites filles quand ma grande sœur m'offrait un petit échantillon de parfum !,

- J'avais de la colle Cléopatre, dans un petit pot blanc avec un capuchon orange et le petit bâtonnet incorporé, et ça sentait bon l'amande,

- J'avais un poisson rouge qui s'appelait Bubulle,

- Les MetMs n'existaient pas encore, à l'époque, cela s'appelait des Smarties et c'était vendu dans des tubes en carton avec une capsule de couleur, et ceux à la cacahuète s'appelaient "Treet's",

- Au goûter, maman me beurrait de grosses tartines de pain de campagne sur lesquelles on ajoutait une bonne couche de Nesquick, et c'est précisément en croquant dedans que j'avais envie de rigoler !,

- Maman faisait des œufs mimosa, des aspics, de la soupe avec des pâtes alphabet, des crêpes aux champignons surgelées et de la purée Mousseline (mais ces deux dernières choses n'ont pas fait long feu, c'était juste pour tester la nouveauté),

- Je ne buvais pas du Coca-Cola mais du Pschitt ou de la limonade ou encore du Tang et du Banga, du Cacolac aussi !,

- Je n'allais pas au cinéma mais au cirque, et c'était énorme pour moi !

- Maman ne travaillait pas et n'avait pas son permis de conduire, c'était la voisine qui m'emmenait à l'école dans sa 2 chevaux,

- J'achetais "Pif Gadget" pour avoir les petits jeux,

- Entre deux émissions de télé, on pouvait voir sur Antenne 2, un petit dessin animé avec des "A" et des "2" qui s'animaient sur des lignes d'écriture,

- … Et les shadocks pompaient…,

- Il y avait des speakerines à la télé. C'était Denise Fabre, Fabienne Egal ou Evelyne Leclerc qui présentaient le programme de la soirée,

- Mon Papa avait une Renault 12 avec des sièges en skaï qui brûlaient les fesses l'été, et la ceinture de sécurité n'était pas obligatoire,

- On avait pas de pétrole mais on avait des idées,

- J'avais des tongs avec une grosse marguerite en plastique dessus,

- J'avais un maillot de bain en laine, tricoté par ma mère,

- A la plage, on se changeait avec une "cabine" en tissu-éponge, et d'ailleurs c'était toute une expédition quand on y allait : parasol, sièges en tissu, glacière avec l'orangeade, les chocos, et il ne fallait plus aller se baigner après avoir pris son goûter,

- Laurent Voulzy avait dans son cœur une petite fille oubliée, une jupe plissée queue de cheval à la sortie du lycée,

- Les saisons étaient de "vraies" saisons,

- Joe Dassin, Michel Berger, Michel Delpech, Sylvie Vartan et Mike Brant se déguisaient dans les shows de Maritie et Gilbert Carpentier,

- Avec trois francs six sous, j'allais chez le marchand pour m'acheter des bonbons (coquillages à sucer, bâtons de réglisse, malabars (pour faire les tatouages), des "PEZ"…,
- Ma grand-mère maternelle m'achetait des chouquettes,
- Quand je passais des vacances chez ma grand-mère paternelle, tout son appartement était pour moi une source de mystère, je ne sais pas expliquer pourquoi mais cet appartement me fascinait (l'an dernier, ma soeur s'étant aperçue qu'il était mis en vente, a contacté l'agence rien que pour aller le revoir car elle aussi était fascinée... Je regrette d'avoir été aussi loin à ce momen-là car j'y serais bien allée aussi...). Le matin, elle me préparait un petit-déjeuner à base de Banania (le vrai de vrai d'autrefois dans l'emballage en carton, maintenant il n'a plus du tout le même goût) et de craquelins, elle cuisait le chocolat sur le bord du fourneau et le versait dans un grand bol en faïence à carreaux rouges et blancs, sur une toile cirée,

- Les slogans publicitaires rentraient dans l'histoire :"Eram, 99 francs, il faudrait être fou pour dépenser plus", "Et c'est tant mieux parce que je ferai pas ça tous les jours", "Dans Banga ya des fruits, jusqu'il faut, dans Banga ya de l'eau, oui mais pas trop…Il y a des fruiiiiits, il y a de l'eauuuuu, on peut boire à gogo, à gogo du Banga, Banga c'est rigolo, on n'en boit jamais trop, c'est frais, c'est aux fruits, c'est Banga", Milky Way, la barre de chocolat mousse", "Tic tac toc, t'as le ticket chic, t'as le ticket choc", "C'est doux, c'est neuf ? Non, lavé avec Mir Laine", "Tu baguenaudes dans les pâturages, tu donnes ton fromanie, Belle des champs, qu'il est bon qu'il est crémeux ton fromage, dis donne-nous en un peu, Belle des Champs, dis tu nous en donnes dis, oh oui donne-nous en, donne donne donne dis Belle Belle des Champs….", "Cachou cachou Lajaunie han han", "Prosper youpla boum, c'est le roi du pain d'épices, Prosper youpla boum, le pain d'épices quel délice….", "Dany Dany Dany, on prend la vie du bon côté, Dany Dany Dany, un rien suffit pour s'amuser, choisissez chocolat, vanille ou caramel, avec Dany la vie est belle…"

La plupart d'entre vous ne connaissez probablement pas les trois quarts de ce dont je parle ici ! Eh oui... J'ai 40 ans !!!

Et ça, c'est toute mon enfance :











Découvrez benabar!

samedi 11 avril 2009

Histoire de regards...

En septembre 2008, nous nous étions aperçus qu'il y avait dans notre jardin, non pas deux (comme je l'avais dit dans un ancien article), mais trois regards d'assainissement (deux gros ronds et un petit carré).

Cela nous chagrinait vraiment, car dans un jardin d'environ 75 m2, avoir ces 3 choses horribles était synonyme de perte de place incroyable et de laideur. Nous l'avions alors signalé au constructeur en demandant expressément que soient déplacés ces regards car cela signifiait pour nous moins de pelouse ou moins de potager… (et puis d'abord pourquoi est-ce qu'il y avait ça dans notre jardin et rien chez les autres hein ???). Le conducteur de travaux de l'époque nous avait dit que cela serait fait. Les mois passaient sans que a contrario, rien ne se passe dans notre jardin !… Puis, le conducteur de travaux ayant été remplacé par un autre, cet autre nous avait à demi-mots fait comprendre qu'il ne fallait pas compter sur un déplacement des regards. Nous étions furieux, déçus, et finalement avions baissé les bras et nous étions même faits à cette idée…. Puis, le deuxième conducteur de travaux fut remplacé par un autre (dans ces conditions-là, comment voulez-vous qu'un chantier soit suivi correctement ?), à qui nous avions, pour la troisième fois, évoqué le problème des regards que nous souhaitions voir disparaître de notre jardin…. Rien…… re-rien……. Re-re-rien….. Résignés, nous nous sommes dits que définitivement, nous aurions ces trois horribles choses sur notre petit terrain…

Lors de notre dernière visite sur le chantier : surprise ! Les trois regards avaient été déplacés !!! Génial, nous aurons donc 100% de notre terrain sans trucs hideux sur lesquels on n'aurait pas pu mettre de terre ou de pelouse !

Franchement, moi, je trouve le printemps bien agréable cette année !

Voici ces regards hideux :

vendredi 10 avril 2009

Que c'est bon le printemps !

Nous avons l'immense chance d'avoir, depuis quelques jours déjà, un temps digne des plus beaux printemps ! ...

Et comme nous avons également l'immense chance de vivre en Alsace, région qui offre gracieusement deux jours fériés supplémentaires (la Saint-Etienne -lendemain de Noël- et le Vendredi Saint -aujourd'hui- héritage du régime juridique allemand suite à l'annexion puis à la libération de l'Alsace-Moselle), nous avons décidé en cette journée estivale, de sauter dans nos chaussures de marche et de partir sur les sentiers de randonnée des Vosges.
Grand bien nous en a pris ! Cette journée à la montagne et sous le soleil nous a réveillés de notre léthargie hivernale. Les températures étaient dignes d'un mois de juin et nous avons pu dérouiller et désenkyloser nos petits corps qui n'avaient pas randonnés depuis longtemps !

Nous en avons bien sûr profité pour déjeuner à la ferme auberge où nous nous sommes régalés, et sommes repartis avec quelques victuailles dans notre sac à dos, pour se faire quelques petites soirées "sur le pouce" à la maison : magret de canard fumé, foie gras et rillettes de canard (miam miam !).

La montagne était magnifique dans son habit de printemps, se réveillant elle aussi de sa torpeur hivernale. Nous avons même croisé le chemin d'une couleuvre qui nous a un peu effrayés, mais gageons qu'elle a certainement eu plus peur de nous que nous d'elle finalement ! C'était étonnant, nous n'avions jamais vu une couleuvre d'aussi près, et quand elle s'est sauvée, elle a fait "psssssssssss" (comme un serpent quoi !) ! Nous étions comme deux gosses découvrant une merveille de la nature ! Nous en avons bien sûr profiter pour nous recueillir un instant au pied de "l'Arbre d'Emilie"...

Voilà, ce fut une merveilleuse journée et nous sommes heureux d'avoir profité de ce temps magnifique pour nous gorger de ces premiers rayons de soleil !









mercredi 8 avril 2009

La maison….. (oui je sais, encore et toujours….)

Heureusement qu'on a signé notre contrat de construction en octobre 2007…. Parce que depuis ce temps, on a eu le temps de changer trois millions de fois d'idée sur la totalité de ce qu'on veut à l'intérieur ! Alors certes, c'est long cette attente, depuis octobre 2007, mais aujourd'hui, en se posant, et en y réfléchissant bien, nous avons presque envie de dire… HEUREUSEMENT ! Parce que si la construction avait été terminée dans les mois suivant la signature, notre "chez-nous" ne ressemblerait absolument pas à notre souhait d'aujourd'hui… Et quand on y pense, on se dit même que ça ne nous plairait pas, mais pas du tout !!!

Alors je ne rentrerai pas dans les détails qui vont du choix de la cuisine à la couleur des murs, en passant par les revêtements de sols, l'aménagement des pièces et même la pause des cloisons, mais en tout cas, il y a une chose dont j'ai eu l'idée la dernière fois qu'on a pu rentrer dans la maison en construction, qui m'a fait cogité quelques jours puis, que j'ai "oubliée"… et que Chéri m'a rappelée ce soir car pour lui c'était tout à coup devenu une évidence !…

En fait, nous avons à l'étage 3 chambres et une salle de bains.

Voici le schéma que l'on se faisait au départ :
- une grande chambre (la nôtre),
- une chambre moyenne (la chambre d'amis),
- une petite chambre (le bureau),
- une salle de bains (riquiqui, j'ai même envie de dire : un placard).


Ensuite, le schéma est devenu :
- Une grande chambre (la nôtre), avec en plus dedans, un petit coin bureau,
- Une chambre moyenne (chambre enfant 1),
- Une petite chambre (chambre enfant 2),
- Une salle de bains (encore plus riquiqui que jamais pour 4 personnes !)... et du coup, plus du tout de place pour la famille et les amis.


Puis… (je sais, ça n'en finit pas, mais je vous avait prévenus, on arrête pas de changer d'avis !) :
- Une grande chambre (la nôtre), avec en plus dedans, un petit coin bureau,
- Une chambre moyenne (la chambre d'amis),
- Une petite chambre (un dressing),
- Une salle de bains (toujours riquiqui),


Aujourd'hui c'est devenu :
- Une grande chambre (la nôtre), avec en plus dedans, un petit coin bureau,
- Une chambre moyenne (la chambre d'amis, ouf, la famille et les amis auront une chambre rien qu'à eux),
- Une petite chambre et une salle de bains riquiqui mitoyennes dont on va abattre la cloison pour en faire une grande salle de bain + une buanderie + un dressing.


Et voilà, nous voici tout heureux d'avoir pris la décision de supprimer la cloison entre la salle de bains et la petite chambre pour avoir une grande pièce lumineuse (il n'y avait pas de fenêtre dans la salle de bains initiale) qui fera à la fois salle de bains, buanderie et dressing ! Et puisqu'il n'est plus prévu qu'il y ait d'enfant, nous pouvons sacrifier une chambre et profiter de l'occasion pour faire une pièce bien agréable en remplacement du placard qui nous aurait servi de salle de bain+WC+lave-linge+sèche-linge….

Cette idée, et maintenant perspective, nous ravit : une fois lavés, douchés… nous serons dans la même pièce pour aller nous habiller… et perso, j'ai une sale habitude, c'est que comme je déteste le repassage (et là, je rappelle juste que j'ai quand même la chance de n'avoir à repasser que MES vêtements puisque ceux de chéris ne sont jamais à repasser –ben oui, il ne porte que des jeans et tee-shirt ou sweats qui, s'ils sont bien étendus et bien pliés, ne sont même plus froissés, quand ils ne sortent pas du sèche-linge où là, il n'y a rien à faire… oui je sais, ma parenthèse est longue, mais là, franchement, je suis heureuse d'avoir un mari ouvrier et pas commercial ou travaillant dans un bureau et ayant moults chemises à repasser - voilà je ferme la parenthèse et je continue…) donc je disais, j'ai une salle habitude qui est de repasser au jour le jour les vêtements que j'ai envie de mettre, donc, fraîchement sortie de la douche, trilalalalère, j'aurai juste à allumer le bouton de ma centrale vapeur et de repasser mon petit chemisier !....

….. Et dans notre chambre à coucher, plus de problème de rangements d'habits….

….. Et dans la salle de bains, plus de problème de luminosité, de vapeurs, de condensation… Nous aurons une fenêtre sur l'extérieur pour pouvoir aérer et avoir la lumière du jour…

…..Et puis surtout, NOUS AURONS DE LA PLACE !!!

…. Parce que oui, en plus, à la base, nous ne pouvions mettre qu'une seule vasque… Maintenant, on peut en mettre deux : une chacun !

Finalement, et je vais peut-être choquer beaucoup de monde, mais en fait, puisque je n'ai jamais été aussi bien dans ma tête et même dans mes relations avec les autres que depuis que nous avons pris la décision de ne vivre qu'à deux et de profiter de nous et de la vie…. Eh bien oui, je le dit haut et fort, et d'ailleurs je n'arrête pas de me le dire : qu'est-ce qu'on est bien à deux, à ne penser qu'à nous ! Nous devenons très égoïstes, certes, mais en tout cas, cela nous fait beaucoup de bien et au moins, on peut aménager notre petit "chez-nous" selon notre bon vouloir, sans avoir à penser à l'avenir et aux autres….. Na !

lundi 6 avril 2009

Cheminée ou pas ???

Je sais que rien ne vaut un bon vrai feu de cheminée… Mais…

Mais techniquement, nous n'avons pas la place nécessaire pour en installer une dans notre futur "chez-nous"… On pourrait bien mettre un poêle à bois, mais nous serions obligés de demander l'autorisation aux autres co-propriétaires, et cela nécessiterait encore quelques travaux…. Alors nous avons eu une autre idée…

Et si on mettait une cheminée au bio-éthanol ? Sans conduit, simple à allumer et propre à utiliser… L'éthanol ne dégage ni fumée ni odeur, c'est un combustible naturel et écologique, il me semble que c'est de l'alcool de betterave…

On peut l'accrocher au mur ou juste la poser au sol et la déplacer selon son bon vouloir… Certes, même si cela dégage une source de chaleur, ça n'est pas vraiment une cheminée pour chauffer, mais pour l'ambiance et la déco, ça peut être sympa… Le design peut être original et c'est toujours agréable d'avoir un feu, surtout l'hiver. Il y en a même qui font en même temps humidificateur ou diffuseur d'huiles essentielles… Tout cela, sans les inconvénients d'avoir le bois à chercher, de devoir nettoyer les cendres : pas de poussière, de suie, de cendres… J'avoue que l'idée me séduit assez…

Réflexion….

Voici quelques idées de modèles :


















dimanche 5 avril 2009

Mariages culinaires et associations de saveurs

Je suis une amatrice de bonne chère (cf. ci-dessous pour celles et ceux qui auraient eu des doutes sur l'écriture du mot "chère" et auraient écrit "chair"… si si, j'en suis sûre… je ferme la parenthèse…), j'ai les papilles ultra sensibles, je me délecte du "bien manger", je suis hyper gourmande…

En fait, je suis très sensible aux mariages des saveurs, et il existe des associations de mets que j'adore, en voici quelques exemples…. A vous de compléter la liste avec les vôtres !

- Saumon fumé et mousse de raifort
- Tomme de brebis et confiture de cerises noires
- Foie gras et compotée d'oignons
- Foie gras et airelles
- Pruneau et lard fumé
- Roquefort et endives
- Roquefort et noix
- Caramel et beurre salé
- Tomate et basilic
- Mozarella et huile d'olive (la "grand cru" de chez Oliviers & co)
- Fraise et poivre noir (léger)
- Orange et chocolat noir
- Poire et chocolat
- Pomme et cannelle
- Munster et carvi
- Agneau et romarin
- Pain frais grillé avec beurre (salé) qui fond dessus
- Côte de bœuf grillée sur BBQ et bon vin
- Apéro et "vrai bon saucisson de pays" (bah quoi ?)
- Brioche et chocolat chaud
- Tarte flambée et Pinot gris
- Epinards et œuf poché
- Feta et olives noires
- Noix de Saint-Jacques et compotée de poireaux
- Ecrasée de pommes de terre et huile de truffe blanche
- Champagne et biscuits de Reims

- .........

Faire bonne chère :
Bien manger, faire un bon repas.
Le mot chère (1080) est issu du bas latin cara (visage), lui-même emprunté au grec kara (tête). Ce mot, désuet de nos jours sauf dans la locution “faire bonne chère” (v. 1345), se retrouve d’abord dans des locutions du type “faire bonne (mauvaise) chère à quelqu’un” (vers 1200), soit “faire bonne (mauvaise) figure à quelqu’un” c’est-à-dire “faire bon (mauvais) accueil à quelqu’un”.
“Chère. s.f. Ce qu’on sert aux repas. - Nourriture. - Qualité, quantité, délicatesse des mets. - Accueil, réception. (Chère, du latin cara, visage, s’est pris d’abord dans le sens de l’étymologie, puis signifia accueil, réception, d’où l’on passa facilement à l’acception de table, nourriture).”
Louis Dochez, “Nouveau dictionnaire de la langue française”, 1860.
Ce n’est en effet que plus tard, par métonymie, que l’on passera de l’accueil à la table et à la nourriture du repas qui traduit l’accueil bon ou mauvais des convives. Par extension et sans doute influencé par son homonyme chair (viande), chère prit ultérieurement, le sens plus général de repas, comme dans l’expression “faire bonne chère” pour “faire un bon repas”.

samedi 4 avril 2009

Désolation...

Le Sommet de l'Otan est enfin terminé. Côté officiel, il s'est passé sans aucune anicroche… L'envers du décor ce sont les affrontements que l'on craignait et qui ont eu lieu entre les forces de l'ordre et les manifestants anti-OTAN… Un déchaînement de violence, un scénario de guerre civile, de la casse, des bâtiments incendiés (un hôtel encore en feu au moment où j'écris), un quartier de Strasbourg quasiment entièrement détruit, des scènes de désolation, des ruines, des dégâts impressionnants,… Il y a toujours des casseurs pour s'immiscer dans les manifestations pacifiques, et c'est vraiment déplorable…

Bien qu'habitant à une poignée de kilomètres à vol d'oiseau du lieu de déroulement du sommet, nous n'avons pas eu à souffrir de quelque violence que ce soit dans notre quartier. En revanche, je n'ai jamais entendu et vu passer sous nos fenêtres autant de camion de pompiers en deux jours ! On a du en moyenne, en voir passer toutes les 5 minutes ! Autre inconvénient : les autoroutes étant fermées et des déviations mises en place, une circulation d'enfer et un nombre incalculable de semi-remorques ont du emprunter l'axe sur lequel donnent nos fenêtres. Je vous assure que ce soir, je n'en peux plus de tout ce bruit !

Mais le pire, ce fut les hélicoptères en pleine nuit ! Dans la nuit de vendredi à samedi, j'ai été réveillée par un bruit qui ne m'était pas habituel : celui du ballet des hélicoptères passant par-dessus notre toit !!! C'était assez surréaliste, on se serait cru en temps de guerre, je vous jure que c'est étonnant autant d'hélicoptères passer au-dessus de votre tête en pleine nuit !

Nous sommes contents de retrouver une "vie normale" et surtout la liberté de circulation, mais il va falloir maintenant réparer et payer les pots cassés.

Je pense surtout aux pauvres habitants des quartiers touchés par ces violences…

Et en plus, j'aurai du recevoir ma commande de laine aujourd'hui, mais à cause du sommet, la Poste ne livrait pas les colis.... Pfffff.....

La Cathédrale :











Le Palais de la Musique et des Congrès où se tenait le Sommet... Dire que j'y étais il y a deux semaines, ça fait bizarre de le voir avec cette "déco" ! :












La passerelle du jardin des deux rives reliant la France à l'Allemagne (Strasbourg à Kehl), au milieu de laquelle se sont retrouvés les 28 Chefs d'Etat :

jeudi 2 avril 2009

Dormir peut nuire à votre santé ????

Depuis quelques années, je trouvais que Philippe ronflait de plus en plus... et puis un jour (enfin une nuit plutôt), je me suis aperçue qu'il s'arrêtait carrément de respirer durant son sommeil !

Au début, nous n'y avons pas prêté trop attention... C'était juste désagréable puisque ses ronflements m'empêchaient souvent de dormir, et parfois même, je "m'empêchais" de dormir pour le surveiller, car ces interruptions de respiration m'inquiétaient tout de même un peu. Quand cela arrivait, j'étais obligée de le réveiller pour lui dire de respirer. D'épisodique, cette situation est devenue très régulière. Chaque nuit, et plusieurs fois par nuit, je devais le secouer un peu en lui disant "respire"...

Un jour, il m'a dit que parfois, quand il se réveillait la nuit, il avait l'impression d'étouffer et qu'il fallait qu'il cherche l'air...

Là, ça a commencé vraiment à nous inquiéter. Il a donc consulté tout d'abord un pneumologue. Ce pneumologue lui a dit qu'il était asthmatique et lui a prescrit un aérosol style ventoline. Philippe a fait une méga allergie à ce truc, il a donc du prendre d'autres médicaments pour soigner son allergie. Moi je trouvais ça bizarre cette histoire d'asthme, car je suis moi-même asthmatique et je sais ce que c'est, je voyais donc bien que ça n'était pas de l'asthme. Je lui ai donc conseillé de voir un autre pneumologue. Celui-ci lui l'a carrément envoyé à l'hôpital pour faire des tests plus poussés, sur l'asthme et également sur d'éventuelles allergies. Al'hôpital, ils ont confirmé qu'il n'était pas du tout asthmatique. Le pneumologue l'a donc envoyé chez une neurologue spécialiste des pathologies du sommeil.... Et finalement, c'est par là qu'il aurait fallu tout de suite commencer...

Cette neurologue lui a donné un appareil a porter toute une nuit pour mesurer son rythme de sommeil, rythme cardiaque, ronflements et apnées du sommeil... Pendant quasiment toute cette nuit-là, je n'ai pas dormi ! Je le surveillais !!! Je voulais m'assurer que, puisqu'enfin il avait cet appareil, il avait intérêt à s'arrêter de respirer !!! Cette nuit-là depuis longtemps, je ne l'ai pas réveillé, mais je me suis angoissée !!!

Le lendemain, il devait rapporter l'appareil à la spécialiste pour qu'elle décortique tout ce qui avait été enregistré. Pas de bol... il y a eu un problème de contact et l'appareil n'a pas fonctionné ! Il a donc fallu recommencer ! Re-belote à passer une nuit blanche "à le surveiller" et espérant qu'il fasse au moins 3 ou 4 apnées du sommeil... Bingo ! J'étais contente, il avait du en faire 4 ou 5 si je ne m'étais pas trompée !

Cet après-midi, mon Philou avait rendez-vous avec la spécialiste pour avoir le résultat...

DIAGNOSTIC : Syndrome d'Apnée du Sommeil SEVERE...

Et là, le truc qui laisse sans voix... J'avais décelé dans la nuit 4 à 5 apnées (et je trouvais ça déjà beaucoup).. Tenez-vous bien, il en a fait 53 par heure (en moyenne), soit 419 dans une nuit de 8 heures... Ce qui correspond à 141 minutes sans respirer... Ce qui veut dire 2 heures 20 SANS RESPIRER... sur 8 heures de sommeil !

Les médecins estiment qu'à partir de 10 apnées par heure, c'est déjà récurrent... A partir de 30, cela devient grave... Imaginez à 53...

Cela veut dire que 141 minutes par nuit, son oxygène diminue et sa fréquence cardiaque augmente... Cela veut dire qu'à partir de maintenant, il va devoir dormir avec un masque et un appareil qui lui envoie de l'oxygène.

Ce qui a étonné la toubib, c'est que mon Philou ne soit pas si fatigué que cela. En effet, le principal effet de ce syndrome est la fatigue tout au long de la journée. Mon Philou pète la forme toute la journée, il est lève-tôt. C'est vrai qu'il s'endort fréquemment devant la télé le soir. En revanche, cela explique peut-être ses "trous de mémoire", ça aussi ça commençait à m'inquiéter, j'avais même, bien évidemment, penser à Alzheimer... C'est que la plupart du temps, il cherche ses mots, a du mal à trouver, ou a des "absences"... D'après la toubib, c'est bien évidemment lié...

Sur le coup, ça m'a fait un choc, mais bon, allez, on va dire que ça n'est pas non plus gravissime, ça se soigne. Et puis le bon côté, c'est qu'au moins, avec cet appareil, nous dormirons enfin normalement tous les deux : lui, ne s'arrêtera pas de respirer, et moi, je n'aurai plus à supporter ses ronflements et à surveiller ses arrêts respiratoires ! Mais quand même, ça fait quasiment un an qu'il a commencé à chercher à comprendre ce qu'il avait. Au moins, aujourd'hui, nous avons le diagnostic...

Et la loose totale.... Il s'est fait une entorse d'un doigt en tombant au boulot... Pffff !